• Demos Kratos

Comment argumenter contre le véganisme ?

Mis à jour : 16 juil. 2019

Pour qu’un vrai débat puisse avoir lieu sur le véganisme et sur n’importe quel autre sujet d’ailleurs, il faut apprendre à éviter les faux arguments. Il y a encore quelques années de cela en France, personne ne parlait du véganisme, personne ne savait ce que c’était, et personne ne savait même comment prononcer le mot “V-gant” hormis les rares personnes qui étaient déjà véganes à l’époque. Et d’un coup, après les vidéos d’abattoir de L214, le Véganisme était sur toutes les lèvres et la population Végane a significativement augmenté.


Le mouvement végane étant de plus en plus médiatisé, on voit logiquement apparaître ses premiers détracteurs : les anti-véganes. Ils ont une critique basée principalement sur des biais cognitifs. Le problème, de ces biais cognitifs, c’est qu’ils nous poussent à faire des biais d’argumentation. On va utiliser des arguments qui sont en réalité des paradoxes.


Soit de manière consciente dans le but de tromper son auditoire, dans ce cas c’est un “sophisme”, soit de manière inconsciente c’est à dire qu’on est de bonne foi sans voir qu’il y a peut-être une incohérence, et dans ce cas c’est un “paralogisme”.


L’appel à la nature


“C’est contre nature de ne manger que des plantes, l’Homme est fait pour manger de la viande !” Oui, c’est vrai, les lions mangent les gazelles. Mais ils tuent également les petits d’autres familles pour pouvoir relancer le cycle des femelles et ainsi obtenir un monopole sur la course à la reproduction. Pourtant c’est un comportement que nous avons plutôt tendance à bannir de nos sociétés. Sur un autre registre, nos plus proches cousins les chimpanzés pratiquent le meurtre et sont parfois cannibales. Il me semble encore une fois que ce n’est pas le genre de comportement que nous encourageons dans nos sociétés. La nature n’est pas une entité, elle n’est que l’ensemble des créatures et des environnements qui composent notre terre. La nature n’a pas de but ni de morale. Seule la survie de l’espèce compte au final, et pour cela, comme nous avons pu le voir, tous les moyens sont bons.

Contrairement aux autres animaux, nous avons la possibilité d’adapter nos comportements non pas en fonction de leur existence dans la nature mais d’une moralité. Les lions n’ont pas le choix de manger de la viande, c’est soit ça, soit la mort. Et deuxième point important, ils ne sont pas dotés d’agencement moral. C’est à dire la conscience de notions morales comme le bien et le mal, ou de l’éthique, attendre d’eux un comportement humain est purement anthropomorphique. Le mot “naturel” a une connotation très positive et fait partie des arguments marketing très utilisés pour nous faire acheter. C’est sain, c’est bio c’est naturel.


L’appel à la tradition


“On a toujours fait comme ça, et y’a sûrement une raison pour ! Alors pourquoi changer ?!”

Heureusement que l’humanité est capable de remettre en question ses traditions et qu’elle est capable d’accepter une certaine forme d’évolution. Le fait est que l’être humain, comme tous les animaux d’ailleurs, cherche à éviter des efforts inutiles. C’est pour ça qu’il est difficile de perdre une habitude ou d’en apprendre une nouvelle. Cela demande un effort de concentration et de remise en question supplémentaire et nous jugeons souvent cet effort comme inutile lorsque notre routine nous convient. Les combats de chiens, la corrida, le massacre des îles féroés, tout ça est considéré localement comme “traditionnel”. Et pourtant ce sont là des idées indéfendables aujourd'hui d’un point de vue moral.


Pour ce qui est de la nourriture, c’est sûr, on touche à quelque chose d’intime. C’est avant tout un moment convivial, à partager en famille, entre amis ou entre collègues. Il y a un véritable lien social au moment d’un repas. Et je comprends parfaitement que ce soit difficile de remettre en question quelque chose qu’on fait tous les jours depuis des générations… Je dois admettre que pour des personnes qui vivent en ville et qui n’ont pas cet héritage culturel, c’est peut-être plus facile de vivre sans élever, chasser ou acheter de la viande.

Mais certains y arrivent, comme ce couple d’éleveurs bovins britanniques qui raconte comment ils luttent avec leur conscience au moment d’envoyer leurs animaux à l’abattoir. Se sentant emprisonnés dans une industrie en laquelle ils ne croient plus, ils décident de trouver un sanctuaire pour leurs 73 vaches et de se lancer dans l’agriculture bio-végétalienne. Un choix difficile, qui les mène vers l’inconnu, qui rompt drastiquement avec les traditions familiales mais qui leur permet de renouer avec leurs valeurs.


L’ancienneté d’une pratique n’est pas une raison valable de la perpétuer. L’être humain est capable de remise en question et d’évolution, autant en faire bon usage, non ?


L’homme de paille


“Les véganes mangent que des graines” , “Les véganes veulent donner des droits au animaux, à quand un RSA pour les poissons ?” Aussi appelée épouvantail, c’est une technique très simple qui consiste à prêter des propos et/ou des intentions qui ne sont pas les leurs à une personne ou un groupe de personnes. C’est beaucoup plus facile de créer un argumentaire volontairement ridicule et simpliste puis de l’attaquer que de s’en prendre directement aux arguments de son adversaire. La plupart du temps on n’y voit que du feu d’ailleurs.

Par exemple, l’objectif de l’animalisme ce n’est pas de mettre toute l’humanité au régime sec, mais de protéger les autres animaux de notre appétit vorace en leur donnant des droits élémentaires, comme le droit de jouir de leur liberté et de leur vie comme ils l’entendent ! Bien évidemment, il ne s’agit pas de droits anthropocentrés comme celui d’aller à l’école ou d’avoir une retraite. L’animalisme essaie justement de ne pas tomber dans l’anthropomorphisme sans pour autant nier la vie émotionnelle et la capacité à appréhender le monde des autres animaux.


Faire un homme de paille permet de se rassurer sur ses propres convictions en tournant en ridicule les propos adverses. L’ennui avec ça c’est que l’on se ment à soi-même et que l’on consolide sa dissonance cognitive. Si l’on n’a aucun soucis avec ses valeurs et qu’on les pense défendables, alors il n’est nul besoin d’user de ce genre de méthodes.


Généralisation abusive et déshonneur par association


La généralisation abusive et le déshonneur par association vont ensemble. On prend un cas particulier pour en faire une généralité, sans vérifier la validité de cette généralisation. Par exemple : “Cette association de protection animale a eu des propos racistes / sexistes / homophobes, donc tous les Véganes sont racistes / sexistes / homophobes”.

Si je vois une personne végane jeter un mégot par terre, est-ce-que ça veut dire que tous les véganes le font ? Ce serait abusif de considérer que tous les véganes jettent leurs mégots à terre. Tout comme ce serait abusif de dire qu’aucun chasseur ne jette ses mégots à terre. Pour avoir une position honnête, il faut voir au cas par cas, sans généraliser maladroitement.


Pour ce qui est des associations de protection animale ayant des comportements problématiques, même chose, elles ne sont pas représentatives de l'entièreté du mouvement et des personnes qui la composent, et surtout elles ne sont pas forcément représentatives des valeurs de l’animalisme. Nous sommes toutes et tous des êtres humains, et par conséquent sujet à l’interprétation. Certaines interprétations de l’animalisme versent dans la misanthropie, mais on ne peut pas attaquer le message à cause d’une erreur de lecture du messager.


“Hitler était végétarien !” Qu’il le soit ou non n’est pas important. On ne peut pas rejeter une idée juste sous prétexte qu’elle a été défendue par un monstre. Et si c’était le cas, alors le travail des animalistes serait beaucoup plus simple : L’immense majorité des dictateurs de ce monde mangent des produits animaux.


L’appel à l’autorité


Rejeter ou embrasser une idée juste parce qu’un-e expert-e s’est prononcé pour ou contre est dangereux. Car avant d’être des expertes, ces personnes sont avant tout des êtres humains. Et un humain, c’est faillible et c’est également corruptible.

L’avis d’un ou d’une experte seule, même si c’est son domaine de compétence n’a pas grande valeur s’il n’est pas étayé par des études et des sources d’informations sérieuses et vérifiables.


De notre côté, nous nous basons sur des sources comme l’académie de diététique et de nutrition des états-unis, qui compte dans les 100 000 membres ce qui en fait la plus grande académie de nutrition du monde.


Conclusion :


En conclusion, le véganisme, l’antispécisme et l’animalisme sont critiquables au même titre que tout projet politique. Mais pour que le débat soit constructif, il faut utiliser de vrais arguments et ne pas se laisser tomber dans les sophismes et paralogismes. On essaie de faire le plus attention possible aux arguments qu’on utilise pour que nos discours soient basés sur la raison et non pas sur des biais cognitifs. Notre objectif est d’ouvrir un véritable dialogue entre les personnes Véganes et le reste de la société. Il est grand temps de remettre en question les règles qui régissent nos rapports avec les autres êtres vivants.


Voir la vidéo :


SOURCES :


► L'interview du diététicien :


https://youtube.com/watch?v=ApWLCgso5k4


► Les diplômes du diététicien :


https://drive.google.com/drive/folders/1FseJUfJdgFB2SzNaK8rnDK5_Sti3XGR-


► Position de l'ADA, Association de Diététique Américaine concernant les régimes végétarien et végétalien :


https://ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/19562864


► La chaîne YouTube de Pas Végan :


https://youtube.com/channel/UCVYiykzTUuEMg845nrkogSA


► Le documentaire 73 Cows de Alex Lockwood :


https://vimeo.com/293352305


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