• Demos Kratos

INTERVIEW D'UN CRS LANCEUR D'ALERTE

Mis à jour : 28 mai 2019

Malgré l’interdiction de parler, un CRS explique pourquoi il a décidé de se mettre en arrêt maladie pour ne plus réprimer les Gilets Jaunes. Son visage est caché et sa voix a été changée pour protéger son identité.

“Tout fonctionnaire d’État est soumis à un devoir de réserve qui lui interdit de s’exprimer d’une manière qui pourrait nuire à son administration. La Déclaration de Droits de l’Homme dans sa version moderne prévoit que la liberté d’expression et d’opinion politique n’est pas valable s’il y a une atteinte aux intérêts de l’État. Et il y a des jurisprudences au niveau de la Cour Européenne des Droits de l’Homme qui ont sanctionné des fonctionnaires qui s'exprimaient et qui mettaient en cause leur administration. Ce que l’État attend des fonctionnaires, c’est qu’ils soient obéissants, et ils ont écrit les lois pour imposer cette obéissance. Donc il y a des libertés dans le pays des Droits de l’Homme tant qu’on ne s’attaque pas au système.

J’ai pu voir que les ordres diffèrent énormément, on nous met des fois dans des situations où on nous demande de faire un usage extrêmement raisonnable de la force, on nous interdit les moyens intermédiaires tels que les Lanceurs de Balles de Défense ou les moyens lacrymogènes, alors que des fois on pourrait en avoir besoin pour notre sécurité. Mais nous avons des ordres très stricts qui nous les interdisent. Et sur les maintiens de l’ordre que j’ai pu vivre à Paris, sur les manifestations des Gilets Jaunes, on a eu le droit à tous les moyens, on a eu des ordres qui étaient étaient extrêmement offensifs, moi je n’avais jamais vu ça. On a eu des ordres qui étaient à la limite de la légalité, parce qu’on a un principe de proportionnalité dans la réponse à ce qu’on pourrait qualifier de désordre.


Quand on emploie les gaz lacrymogènes pour disperser une foule, c’est que la foule est hostile, c’est qu’à un moment donné, il y a un danger sur la voie publique et qu’il y a une nécessité de rétablir l’ordre qui est indiscutable. Sauf que là on a eu des ordres, qui étaient extrêmement agressifs. On a employé des moyens lacrymogènes après sommation ou sans sommation, alors qu’il n’étaient clairement pas justifiés par rapport à ce qu’on avait pu vivre par le passé."


Pour voir l'intégralité de l'entretien en vidéo :


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